30 septembre 2012

Le monde est beau


Quand on voyage, on part à la découverte de nouveaux endroits où l’on espère voir de beaux paysages.  La Gaspésie a tout ce qu’il faut pour ravir l’oeil de ce côté, ça c’est sûr!  Fleuve, mer, montagnes, forêts, rivières, tout est là pour donner les plus beaux panoramas imaginables.
Mais ce qui fait que notre voyage restera à jamais gravé dans nos mémoires, ce sont les personnes rencontrées le long de notre route.  Pas seulement en Gaspésie, mais aussi en Estrie, dans le Bas du Fleuve et à Québec.   Des gens accueillants et généreux qui ont partagé avec nous de beaux moments, qui nous ont inspiré par leur passion, leur simplicité et leur humour.  Merci à tous ceux qui ont croisé notre route et ont pris le temps de nous recevoir, de nous aider, de partager leurs expériences, de nous faire rire, de nous émouvoir aussi parfois...Oui, le monde est beau, il suffit de partir à sa rencontre.  

Voici un album photo de plusieurs de ces personnes rencontrées pendant notre périple vers la Gaspésie.  Il y évidemment plein de gens dont je n’ai pas pris la photo: Jack, un propriétaire de camp de pêche près de Matapédia, qui nous a accueilli sur son terrain, une dame de Rivière-Ouelle qui a fait de même, tous ces autres cyclistes qui ont partagé volontiers leurs expériences, et tous ces gens ici et là,  qui sont venus nous voir pour s’informer de notre voyage, qui nous ont encouragé et parfois même applaudi sur la route!!!

Merci aussi à tous ceux qui nous ont suivi sur le blogue.  Sachez que vos encouragements nous ont bien aidé dans les moments plus difficiles.  Nous avons eu énormément de plaisir à partager notre belle aventure avec vous et nous vous donnons rendez-vous pour l’an prochain: USA 2013, rien de moins!

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19 septembre 2012

De Lévis à Granby


Après avoir pédalé le Parcours des Anses à Lévis, question d’admirer la vue sur le Vieux-Québec, nous prenons la traverse pour pouvoir rejoindre le Corridor des Cheminots, une piste cyclable qui devrait nous amener à Loretteville, chez nos hôtes Warmshower, Lysanne et Louis-Philippe, un couple de grands voyageurs!  En effet, ils reviennent tout juste d’un voyage de 2 ans à vélo, en Europe et en Asie, entre autres.  Nous sommes heureux d’enfin les rencontrer car nous avons suivi leurs aventures avec plaisir via leur blogue.
Quelle belle rencontre!  Leur passion du voyage à vélo est belle à voir et entendre!  Ils sont aussi très généreux de leurs trucs, que ce soit pour le camping sauvage, la bouffe, l’équipement, ils partagent avec nous leurs multiples connaissances.  Nous sommes très fiers de pédaler une cinquantaine de kilomètres avec eux quand nous repartons de Québec.  Nous décidons d’emprunter la route 138, sur la rive nord, jusqu’à Trois-Rivières.  Fidèle au poste, le vent de face nous fait travailler fort, encore une fois.
À Donnacona, nos nouveaux amis nous quittent pour retourner chez eux alors que nous continuons jusqu’à Ste-Anne-de-la-Pérade.   Ce soir, nous montons discrètement la tente derrière une petite cabane, dans un parc près du pont, en plein coeur du village.  

Le lendemain, encore le vent en pleine face, avec de bonnes rafales jusqu’à 40 km/hre!  Qui a dit que ça serait facile?   Lors d’une pause à Champlain, sur le quai, nous croisons un pêcheur qui revient de son expédition quotidienne avec son chien.  En quelques minutes de conversation, il nous raconte sa vie!  Sa maison est tout près du quai et au moment où nous allons partir, il cueille de belles pommes dans ses pommiers et nous les offre en nous souhaitant bonne route.  La vie est agréable...

À Trois-Rivières, nous prenons la navette qui nous amène sur la rive-sud pour 10$ par vélo.  C’est mieux qu’une amende de 250$!!!  De toute façon, traverser à vélo serait suicidaire tellement le pont est étroit et achalandé.  Après un trajet de tout de même 114 km, nous atteignons Drummondville où nous décidons d’aller au Camping des Voltigeurs, car il est presque 18 hres et une bonne douche serait bienvenue...mais le camping est fermé!!!  Charles remarque cependant que la barrière n’est pas cadenassée, donc pourquoi ne pas aller voir?  En fait, des campeurs saisonniers sont encore sur place.  Nous choisissons donc un site isolé et comme les blocs sanitaires sont encore ouverts, nous aurons droit à notre douche, même si l’eau est plutôt tiède/froide!  Mais pour le prix, n’est-ce pas, nous ne nous plaindrons pas trop...

Le lendemain, nous décampons tôt pour aller déjeuner au restaurant.  Juste à temps, il pleut!  Nous prenons le temps d’avaler une énorme assiette brunch et la pluie s’arrête au moment où nous sommes prêts à repartir!  Nous pédalons les derniers 77 km du voyage sous les nuages avec un vent de...3/4 arrière!!!  Ça file jusqu’à Granby!  C’est avec un mélange de joie et de tristesse que nous revenons à la maison. 

Nous avons parcouru exactement 2,229 kilomètres depuis notre départ le 7 août.  Nous sommes fiers de dire qu’on a monté à vélo toutes les fameuses côtes de la Gaspésie et nous savons maintenant ce que ça peut donner pédaler plusieurs jours de suite avec un vent de face!  Il nous reste encore de belles randonnées à faire avant que la neige nous empêche de pédaler mais nous sommes physiquement et mentalement prêts à entreprendre notre grand projet de 2013, la traversée des États-Unis.  À suivre...




10 septembre 2012

Sainte-Flavie à Lévis


Quelques coups de pédale nous amènent rapidement à Ste-Flavie. Un vent favorable nous pousse quasiment  jusqu’à Ste-Luce que nous découvrons avec bonheur sous le soleil.  Une agréable piste cyclable longe ensuite le fleuve à Rimouski et on peut apercevoir au loin les petits îlots caractéristiques du Bic.  Quelques bonnes montées nous y attendent, mais avec le vent dans le dos, c’est presque…facile !    Vers la fin de l’après-midi, alors que nous approchons de Trois-Pistoles, une brume glaciale arrive du fleuve.  Brrrrr !  Fatigués, après une centaine de km au compteur, nous optons pour le motel, plus chaud que la tente.  Faut bien se faire du bien de temps en temps !

Le lendemain, le temps reste frais mais le vent  nous est encore favorable.  À l’aller, nous avions contourné Cacouna à cause d’importants travaux mais cette fois-ci, nous sommes ravis de traverser ce joli village, sur une surface d’asphalte toute neuve.   La journée se termine à St-André de Kamouraska, au camping Sebka, presque rustique tellement les services sont éloignés des campements.  Mais nous avons une vue imprenable sur le fleuve et on y assiste au coucher de soleil qui se voile peu à peu d’un énorme banc de brume (encore !) qui masque les montagnes de Charlevoix de l’autre côté.  Le bruit de la pluie sur la tente nous réveille cette nuit-là et c’est dans la brume totale et l’humidité au maximum qu’on déjeune avant de décamper au matin.

À Kamouraska, je demande à un cycliste arrêté au bord du trottoir à quel endroit aller pour remplir nos bouteilles d’eau.  Il me dit : « Venez à ma boulangerie ! »  Hé ! oui ! je suis tombé sur le fameux boulanger de Kamouraska !  Fameux, car tout le monde nous disait de ne pas manquer la boulangerie Niemand à Kamouraska.  On pique une jasette évidemment et il nous raconte être venu à Kamouraska il y a 19 ans, à vélo (eh ! oui !) et il y a rencontré  sa blonde et a décidé de s’établir ici…On le comprend, tellement ce village est joli…probablement que sa blonde l’est aussi!  Nous repartons avec de l’eau fraîche et des pâtisseries à faire damner un saint, miam, miam !  Nous achetons aussi son fameux pain et après avoir fait des provisions au Jardin du bedeau, une jolie épicerie fine,  nous reprenons la route jusqu’à Rivière-Ouelle.  C’est là que nous dégustons notre festin, tout en laissant sécher les serviettes sur notre corde à linge improvisée.  Les voyages à vélo ne nous exempte pas des corvées plus terre à terre…


Heureusement que nous avons refait le plein d’énergie car le reste de la journée est difficile.  Le vent  est déchainé et comme on longe le fleuve, nous sommes peu abrités donc on le prend en pleine face pas à peu près, avec de violentes rafales.  Nous parvenons tout de même à rejoindre St-Jean-Port-Joli .  Installé au camping la Demie-Lieue, nous décidons de prendre congé de vélo, car il faut recharger les batteries (le vent, ça épuise !).  Après une journée tranquille à lire et relaxer dans la salle communautaire, nous espérons une petite nuit tranquille…mais les éléments se déchainent à partir de 18h15.  Des rafales de plus en plus violentes secouent les arbres autour de nous et la pluie diluvienne vient fouetter la tente plusieurs fois dans la nuit.  Charles parvient à s’endormir vers minuit,  mais je n’arrive pas à fermer l’œil !  Ça claque, ça craque, et j’imagine déjà les gros titres des jounaux : « Deux campeurs écrasés sous un arbre à St-Jean-Port-Joli… »  Rien pour aider à s’endormir !  Charles le bienheureux se réveille finalement vers 5 hres, histoire de constater les dégâts.  Plusieurs branches assez grosses gisent ça et là mais comme nous étions dans une mini-clairière, notre tente n’a pas été touchée.  Fiou !  Mais les vélos se sont renversés sous la force du vent et se sont drôlement emmêlés.  Ça nous prend presqu’une heure pour les séparer sans trop de casse.  Pas besoin de vous dire que ça pédale pas vite, vite aujourd’hui. 

On se rend tout de même à Montmagny au camping de Pointe-aux-Oies, sur le bord du fleuve et on se couche de bonne heure.  La nuit est on ne peut plus calme…Seules les oies peuvent peut-être se plaindre des ronflements qui venaient de notre tente…

Nous sommes maintenant à Lévis, prêts à traverser à Québec demain pour séjourner chez Louis-Philippe et Lysanne qui reviennent d’un voyage de vélo de 2 ans.  Nous avons bien hâte de les entendre nous raconter leurs péripéties !!!  À suivre…

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4 septembre 2012

De Percé à Sainte-Flavie


Nous quittons Percé sous le soleil.  Après les côtes du littoral nord, la route nous parait relativement facile, si ce n’était d’un vent de face de plus en plus fort qui nous force à travailler des pédales sans relâche.  Les villages se succèdent, Anse à Beaufils, Grande-Rivière, Chandler, Port-Daniel, Paspébiac…les kilomètres s’accumulent et c’est fatigués que nous finissons par nous arrêter à New-Carlisle, patrie de René Lévesque.  Je sursaute en voyant le compteur : 114 km !!!  Pour des cyclistes qui s’étaient promis d’être plus raisonnables…Mais voilà, Charles avait les jambes en feu et je me laissais tirer la plupart du temps.

Après une nuit calme au motel, nous voilà de nouveau sur la route avec des vents de plus en plus forts, jusqu’à 35 km à l’heure !!!   Charles avoue que son ambition d’hier lui joue des tours aujourd’hui et je me dévoue pour prendre le relais de temps en temps.  Nous avançons ainsi jusqu’à New-Richmond, puis Maria.  Le ciel jusqu’ici plutôt nuageux devient carrément menaçant et nous comprenons vite que cette fois-ci, nous n’y échapperons pas.  Vite, nous enfilons les impers et hop ! on continue pour rejoindre Carleton au plus vite.  Mais la pluie s’abat de plus en plus fort.  Plutôt amusant au début, mais quand le tonnerre se met de la partie, en plus du  bruit des  camions qui nous aspergent généreusement, j’avoue avoir une petite frousse.    Nous arrivons complètement trempés à Carleton et nous finissons par trouver un abri sommaire juste au moment où la pluie s’arrête.

Heureusement, nous sommes attendus par Lucie et Éric qui nous offrent leur généreuse hospitalité pour quelques jours.  Un séjour que nous n’oublierons jamais.  Lucie et Éric nous font  découvrir leur joli village en plus de nous gâter avec leur bouffe délicieuse.  Mais surtout, quelles belles discussions !  Nous avons découvert des gens exceptionnels, aux valeurs profondes et à la générosité toute simple, des gens inspirants.  Ce qui nous confirme une fois de plus que ce qui rend la Gaspésie si belle, c’est bien plus que ses paysages somptueux, c’est aussi les Gaspésiens !

Quand nous quittons Carleton, c’est le cœur léger et le corps reposé.  Nous longeons la rivière Ristigouche jusqu’à Matapédia.   Devant l’église, nous croisons une jeune cycliste de Montréal qui vient de faire le tour de la Gaspésie, en solo !  Chapeau !  Elle retourne à Montréal demain par autobus alors que nous poursuivons la route par la vallée de la Matapédia.    Nous cherchons un endroit pour la nuit quand nous apercevons  un camp de pêche privé.  Le proprio accepte que nous nous installions sur le terrain et nous donne  même accès à de l’eau fraiche, en nous disant de demander si jamais nous avons besoin de quelque chose.  Sympathique.  


La nuit est calme et le petit matin frisquet, noyé dans la brume ! Ça pédale bien jusqu’à Amqui où nous décidons d’arrêter au camping en sortant de la ville mais ça ferme aujourd’hui !!!  Devant notre air dépité, la dame accepte de nous laisser nous installer mais nous prévient que nous n’aurons pas accès au bloc sanitaire plus tard en soirée, mais finalement, ils ont dû avoir pitié de nous car tout est resté ouvert jusqu’au matin.  Un camping à nous tous seuls, gratuit !!!  Excellent rapport qualité-prix, n’est-ce pas ? 

Mardi matin, 4 septembre, voilà exactement 1 mois que nous avons quitté la maison.  Nous bouclons la boucle de la Gaspésie en rejoignant Ste-Flavie.  Voilà ! Nous sommes maintenant sur le chemin du retour…à suivre…